Introduction
La considération que l’homme est supérieur à l’animal tend à être nuancée : aujourd’hui, on a plutôt tendance à considérer qu’il n’y a pas de rapport hiérarchique, mais qu’un rapport de différence. Cela nous amène à nous poser la question suivante : l’homme est-il un animal comme les autres ? Ce sujet implique de réfléchir sur la nature de l’homme et sur ses spécificités, ses caractéristiques distinctives. Biologiquement parlant, l’homme est un animal. Pourtant, force est de constater qu’il se distingue tout de même des autres espèces : il a certains attributs et certaines capacités que les animaux n’ont pas. Il s’agira donc d’étudier les similitudes et les différences entre l’homme et l’animal, à tous les niveaux : physique, mais aussi physiologiques, intellectuels. Ainsi, il faudra se demander dans quelle mesure il est possible d’affirmer que l’homme est un animal à part. En apparence, il semblerait que l’homme soit un animal semblable aux autres animaux. Or, en réalité, il s’en distingue par certains aspects. En vérité, cette différence ne doit pas consacrer sa supériorité.
I – L’homme est un animal semblable aux autres
- Du point de vue biologique
De prime abord, du point de vue biologique, l’homme est un animal comme les autres. En effet, il possède des caractéristiques physiques similaires à celles des autres animaux (organes, os, membres…) et il appartient à la classe des mammifères : en cela, il partage les spécificités de cette classe, à laquelle appartiennent également d’autres animaux. Par exemple, tous les mammifères ont un système digestif comparable, les femelles restent en gestation pendant neuf mois, tout comme la femme. En outre, l’homme est un descendant du singe : il partage 98% de son ADN avec cet animal.
2. Des besoins et envies similaires
De surcroît, les hommes ont des besoins et envies similaires à ceux des autres animaux. En effet, leur priorité est de satisfaire leurs besoins vitaux (manger, boire). De plus, ils ressentent les mêmes émotions que celles qu’expérimentent les animaux : tristesse, attachement, peur… C’est d’ailleurs pour cela qu’une similitude supplémentaire est la nécessité absolue de vivre en société, afin de communiquer avec les autres et de coopérer. C’est exactement ce que l’on retrouve chez les chevaux, par exemple, qui vivent en troupeau, communiquent grâce à leur corps et ressentent de fortes émotions également. N’en déplaise à Descartes, l’animal n’est pas une machine, au contraire, c’est un être vivant à part entière qui partage de nombreux points communs biologiques et comportementaux avec l’homme !
3. Des différences peu marquées
Ces considérations sont d’autant plus importantes que certains vont mettre en valeur l’instinct, la raison et la conscience comme caractéristiques distinctives permettant d’établir que l’homme n’est pas un animal comme les autres. Pourtant, l’homme possède une forme d’instinct primaire, que l’on retrouve par exemple dans les pulsions du « ça », instance de notre inconscient telle que Freud la décrit : elle contient toutes nos envies instinctives indépendamment des normes morales de la société. Si le « surmoi » ne les contrôlait pas, l’homme agirait comme un animal. Et inversement, des penseurs comme Descartes avancent que l’animal n’a pas de conscience ni de raison, contrairement à l’homme, ce qui rend ce dernier supérieur. Mais quand on appelle un chien, il sait qu’il est désigné, et quand il fait une bêtise, il a conscience d’avoir mal agi et semble éprouver de la culpabilité, ce qui ne serait pas possible s’il n’avait ni intelligence, ni conscience !
II – L’homme est pourtant un animal qui se distingue des autres
- Une raison et une conscience développées
Pourtant, l’homme semble tout de même se distinguer des autres animaux. En effet, il leur serait supérieur en raison et en conscience. Nous l’avons vu, les animaux possèdent pour certains une certaine forme de raison et de conscience. Mais cela ne suffit pas : comme le souligne Descartes, et contrairement à l’animal, l’homme utilise sa raison à des fins plus abouties : il s’en sert afin de devenir « comme maître et possesseur de la nature », c’est-à-dire afin d’avoir un impact réel sur la nature, de la dominer. Cela se voit par exemple à travers le développement de la technique, qui lui permet de transformer la nature pour l’adapter à ses propres intérêts. De plus, la conscience de l’homme est bien plus aboutie : il a une conscience aigue de son existence et des réalités de monde, ce que n’a pas l’animal. Par exemple, il a conscience de sa finitude, il sait qu’il va mourir. Au contraire, l’animal n’en a aucune idée !
2. Une culture et une histoire
En outre, une autre caractéristique distinctive opposant l’homme et les autres animaux est l’historicité. L’homme, comme le souligne Hegel, a une dimension historique, chaque société laisse des traces de son passage sur Terre, et ce depuis l’existence de l’humanité. Cela transparaît notamment à travers l’art, l’architecture, la littérature, et toute autre forme de culture : depuis les peintures des hommes préhistoriques dans les grottes, l’homme témoigne de son histoire et la transmet de génération en génération. C’est aussi ce qui permet à l’espèce d’avoir une histoire. Cette historicité ne se retrouve pas chez les autres animaux.
3. L’organisation politique
Enfin, l’homme est un être social et politique par excellence. Si l’animal possède également un instinct grégaire qui le pousse à vivre avec ses congénères et à établir des relations de domination (on peut penser aux troupeaux qui possèdent des mâles alpha, bêta… chaque animal a son rôle), l’homme s’inscrit dans un système bien plus développé et élaboré. Comme l’écrit Aristote, « l’homme est un animal politique » : cela signifie que l’homme partage toutes ses caractéristiques avec l’animal, à part l’organisation politique. En effet, l’être humain a créé différents systèmes politiques (république, démocratie…) dans lesquels chacun a un rôle qui peut évoluer et qui dépend de l’opinion de tous : ce n’est pas la loi du plus fort qui détermine qui sera le président de la République, mais l’opinion générale, grâce au vote. Au contraire, chez les animaux, c’est cette loi du plus fort qui définit leurs rapports de force.
III – Cette différence ne fait pas sa supériorité
- L’homme n’est qu’un être vivant parmi tant d’autres
Force est de constater que l’homme, même s’il possède des caractéristiques distinctives et différentes de celles des autres animaux, n’est pas pour autant un être supérieur. C’est ce que soulignent des philosophes comme Michel Foucault, qui invite au relativisme : l’homme ne doit pas se considérer comme un être exceptionnel, ce qui fait sa différence et sa singularité ne le rend pas au-dessus des autres animaux. Le monde ne doit pas être considéré du point de vue anthropocentriste. Par exemple, certains animaux ont des capacités intellectuelles supérieures à celles de l’homme : le singe serait plus intelligent, les éléphants auraient davantage de mémoire…
2. La complémentarité des espèces
Cela nous amène à considérer que les animaux sont extrêmement différents. Chaque espèce possède ses propres caractéristiques distinctives : par exemple, les amphibiens respirent sous l’eau grâce à leurs branchies, les serpents rampent, les mammifères marchent… Chaque espèce a donc ses particularités, ses points forts et ses points faibles, et possède une raison d’exister. C’est pourquoi l’homme, même s’il diffère des autres animaux, n’est pas supérieur à eux : la biodiversité est un système à envisager sur le mode de la complémentarité et de la diversité. Comme le prouve la chaîne alimentaire, chaque espèce existe pour une raison et a sa place sur Terre. Aucune n’est au-dessus des autres : une espèce qui en domine une autre par un rapport de prédation, par exemple, est une espèce qui sera dominée par une autre par ce même rapport.
Conclusion
Ainsi, l’homme est un animal comme les autres, notamment du point de vue biologique. Pourtant, il s’en distingue : sa raison et sa conscience, sa capacité à transmettre son histoire le rendent différent. Mais ce n’est pas pour autant qu’il doit se considérer supérieur : il n’est qu’un vivant parmi les autres !

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